Pourquoi le bruit peut-il être dangereux pour notre santé ?

Pourquoi le bruit peut-il être dangereux pour notre santé ?

Pourquoi le bruit peut il être dangereux pour notre santé

Il est important d’avoir conscience de sa santé auditive pour garder une bonne audition tout au long de sa vie. Étant malentendante, je suis devenue très sensible à la protection de mon audition et la connaissance de mon environnement sonore. Mon objectif : sauver les décibels qu’il me reste ! En découvrant les dangers liés au bruit sur notre santé, j’ai réalisé que très peu de personnes dans mon entourage étaient sensibles à leur santé auditive. Car oui, le bruit peut être dangereux pour notre santé. J’espère vous sensibiliser sur votre santé auditive à travers cet article !

La santé auditive, mode d’emploi

Le saviez-vous ? Le bruit affecte notre santé. Notre environnement sonore peut avoir des effets négatifs directs sur l’audition (surdité, acouphène) mais aussi des effets extra-auditifs sur nos humeurs, notre concentration, nos performances… Nos oreilles n’ont pas de paupière pour se protéger, elles sont très fragiles. Si tu peux fermer les yeux devant un film d’horreur, il est plus difficile d’ignorer le marteau piqueur de ton voisin ! Face au bruit, nous sommes vulnérables et nous devons donc nous en protéger pour rester en bonne santé. Qui n’apprécie pas un week end à la campagne, au calme, pour se “ressourcer” ? 

Mais comment un bruit peut-il devenir dangereux pour notre santé ?

Le bruit génère un stress acoustique

Ecouter une musique à un volume sonore plus élevé ne procure pas plus de plaisir ! C’est comme manger une tablette de chocolat entière : tu as plus de chance de tomber malade que d’être heureux à la fin de la tablette…. Le plaisir arrive en réalité au premier carré et après… il faut savoir s’arrêter. Et bien comme pour le plaisir gustatif, il faut savoir dire stop au plaisir auditif ! Mais ce n’est pas si facile car c’est plus subtil d’en connaître la limite.

Rappelons nous comment le son fonctionne. Le son est une vibration, une production d’énergie qui sera captée par les cellules sensorielles de notre oreille, les cellules ciliées. Pour se déplacer d’une source à un récepteur, notre oreille par exemple, le son se propage sous forme d’amplitude que l’on appelle “pression acoustique”. Plus cette vibration sera intense (volume sonore élevé), plus cette pression acoustique sera puissante. Elle peut devenir trop puissante pour la capacité réceptive des cellules “ciliées” de nos oreilles.

La durée d’un son joue également beaucoup : plus la production d’énergie par un son sera continue, plus les cellules “ciliées” de nos oreilles seront sollicitées et fatiguées. 

En conclusion, plus le bruit sera agressif ou continue pour nos oreilles, plus nous risquons véritablement de “casser” nos oreilles (=détruire nos cellules ciliées). C’est à ce moment là que le bruit devient dangereux pour notre santé.

En effet, lorsque les cellules auditives sont soumises à de fortes pressions acoustiques, elles se fatiguent, on parle alors de stress acoustique. Le stress c’est une réaction de notre organisme à un choc physique ou nerveux. Le stress acoustique c’est donc une réaction de notre système auditif à un choc sonore (durée ou intensité d’un son).

Nos oreilles ont aussi besoin de repos !

On l’ignore bien souvent, mais nos oreilles ont besoin de repos. Tout au long d’une journée, nous sommes soumis à des expositions sonores. On sollicite énormément nos oreilles ! Toutes ces expositions sonores finissent par générer un stress acoustique. La plupart du temps, nos oreilles s’en remettent car elles sont quand même bien costauds. On sera juste moins performant en fin de journée, moins attentif. Nos oreilles seront fatiguées et auront plus de mal à traiter les informations. Mais après une bonne nuit de sommeil, l’oreille aura récupéré !

Or aujourd’hui, notre quotidien est devenu très “bruyant”. On se lève le matin, on allume la radio. On prend les transports en commun en écoutant notre musique. On arrive au travail, on prend des appels téléphoniques, on suit les conversations en open space de nos collègues. On va manger à la cafétéria. On reprend les réunions. On rentre en transport en commun en écoutant de la musique et une fois arrivé chez soi on allume notre série Netflix ou on sort en bar avec des amis.

Alors dites-moi, elle est où votre pause sonore dans votre journée ? C’est d’autant plus dramatique sachant qu’il faut un temps de récupération auditive pour notre oreille qui doit être au moins équivalent au temps d’exposition. En principe, une bonne nuit de sommeil suffit à notre oreille pour récupérer… mais qui aujourd’hui, dort plus de 7 heures au calme en métropole ?

Toute cette pression sonore quotidienne a un impact sur notre santé. Cela, nous sommes nombreux à l’ignorer ! Et oui, ton mal de crâne en fin de journée, ta fatigue, ne viennent peut être pas du fait que tu as “travaillé” ou que tu as passé ta journée sur un écran. Mais si tu retraces ta journée “sonore”, tu te rendras peut être compte que tu as été très exposé au bruit.

Les conséquences du bruit sur notre santé

Le bruit a des conséquences sur notre santé qui sont à la foi physiologiques (gêne auditive, acouphène, perte d’audition) et aussi psychologiques (stress, fatigue, énervement…).

Le bruit peut endommager notre audition

Ce sont les conséquences les plus connues du bruit sur notre santé : la gêne auditive, les acouphènes et la perte d’audition.

On naît tous avec un capital auditif : environ 15 000 cellules (les cellules ciliées), située à l’intérieur de notre cochlée. Ces cellules sont très fragiles et ne se renouvellent pas dans le temps. Et au cours de notre vie sonore,  on peut malheureusement perdre de ce capital auditif. En effet, nos cellules ciliées s’abîment si elles sont exposées à des niveaux sonores trop élevés, à une trop forte pression acoustique.

Pour savoir si un son est dangereux pour votre audition, il faut prendre en compte en général deux aspects du son: l’intensité du son et sa durée d’écoute.

L’intensité d’un son, ou le niveau sonore, se mesure en décibels dB. Un son sera considéré comme nuisible lorsqu’il atteint un certain niveau sonore, soit un certain décibels. Généralement, l’audition humaine se mesure de 0 à 120 dB. 0 dB étant le son le plus faible que l’on puisse entendre (notre coeur battre). Et 120 dB, le son le plus fort que nos oreilles puissent supporter (décollage d’un avion).

On considère qu’un son devient pénible lorsqu’il dépasse les 75 dB (aspirateur). Il devient nuisible pour notre audition lorsqu’il dépasse les 85 dB (tracteur). Un bruit est intolérable lorsqu’il dépasse les 110 dB (marteau piqueur).

Echelle des décibels perçus par l'oreille par l'association JNA

Mais alors quand est ce que le son devient-il dangereux pour notre audition ?

Je vous rassure, ce n’est pas parce que vous vous exposer quelques minutes à un son de 85 dB, que vous allez endommager vos cellules. Il faut également prendre en compte la durée d’exposition sonore.

Plus vous vous exposez longtemps à un son fort, plus vos oreilles fatiguent. On parle alors de fatigue ou de gêne auditive : cette fameuse sensation d’oreille bouchée, cotonneuse après un concert ou une sortie de boîte. Vos oreilles vous envoient un signal d’alarme : elles sont fatiguées et n’arrivent plus à assurer leur rôle de bouclier protecteur. C’est à ce moment là que le son devient dangereux et qu’il risque d’endommager votre audition, de détruire vos cellules auditives.

C’est pourquoi on dit qu’il faut limiter son exposition au bruit dès que le son est supérieur à 85 dB afin d’éviter d’endommager son audition.

La durée maximum d’exposition sonore recommandée est de :

  • 8h pour un bruit compris entre 85 et 90 décibels (bar bondé, sèche cheveux, musique à son maximum via un appareil audio)
  • 15 à 30 minutes pour un bruit compris entre 90 et 95 décibels (concert)
  •  1 à 5 minutes pour un bruit compris entre 100 et 110 décibels (feu d’artifice, sirène d’urgence, concert de rock…)

Si le niveau sonore est supérieur à 120 décibels, il suffit de quelques secondes d’exposition pour abîmer notre audition !

Si vous respectez la durée maximum d’exposition sonore à des volumes “acceptables”, que vous faites des pauses sonores et que vous laissez vos oreilles se reposer après l’effort, alors votre audition sera en bonne santé. Sinon, vous vous exposez fortement à des risques d’acouphènes ou de perte d’audition. La conséquence d’une exposition à un volume sonore trop élevé, peut aussi arriver plus tard, en vieillissant. Car à force de vous exposer à des bruits nuisibles, vous allez accélérer le vieillissement de vos cellules auditives…

Et je ne vous conseille pas de faire confiance à la réglementation française. En France, un décret de 2017, réglemente les expositions sonores. Un son de plus de 102 dB ne peut pas être diffusé plus de 15 mn en lieu public. Également, nos appareils audio sont limités à 100 dB. Mais quand on sait qu’un bruit commence à être nocif à partir de 85 dB, cette réglementation ne suffit pas à nous protéger malheureusement… Si on regarde nos homologues européens, le son maximum autorisé en boîte de nuit est de 95 dB en Allemagne et Italie, de 93 dB en Autriche vs 105 dB en France. Nous sommes en retard !

La pollution sonore, ces bruits qui nous fatiguent

Notre environnement sonore joue aussi beaucoup sur nos humeurs, notre concentration, nos performances… L’OMS alerte sur les risques pour notre santé liés à la pollution sonore. Nous avons conscience qu’un environnement sonore peut être désagréable, peut nous fatiguer. Mais à vrai dire aujourd’hui on l’accepte, on s’en fout. Nous ne sommes tout simplement pas encore assez sensibilisés par les pouvoirs publics, sur les conséquences de la pollution sonore. Tout ces bruits qui nous entourent peuvent être dangereux pour notre santé !

Prenons l’exemple d’une grande Métropole : j’ai nommé Paris ! Ah Paris, la ville des lumières, de la culture, des amoureux… Mais aussi celle de la pollution sonore !

Lorsque j’ai emménagé à Paris, il faut le dire, j’étais littéralement crevée. Cette ville m’a beaucoup épuisée par rapport à Singapour par exemple. Mais pourquoi ? Je ne l’ai compris que plus tard : cette ville est extrêmement bruyante et dense. Si je compare à Singapour par exemple, où la végétation aide beaucoup à réduire le niveau sonore de la ville. A Paris, on ressent vraiment le besoin d’aller à la campagne ou à la mer pour se reposer un week end.

Mais qu’est ce que la pollution sonore ? On parle beaucoup de pollution environnementale mais très peu de pollution sonore et pourtant c’est bien l’un des maux de notre société du 21ème siècle. Selon un rapport de Bruitparif sorti en 2019 sur les nuisances sonores en région parisienne, “le bruit doit être considéré comme la seconde cause de morbidité derrière la pollution atmosphérique”. Selon Fanny Mietlicky, directrice de Bruitparif « Les résultats de l’étude démontrent que le bruit est bien plus qu’une simple atteinte à la qualité de vie, il constitue un réel risque pour la santé des populations”. Les nuisances sonores ce sont tous les bruits dans notre quotidien qui nous énerve : motos, klaxon, métro, travaux… Tous ces bruits finissent par nous énerver, nous fatiguer… Ils ont des impacts directs sur notre qualité de vie et notre bien-être.

Prenons un autre exemple de pollution sonore : le bruit au travail. En 2019, l’IFOP a mené une étude sur la santé auditive des français au travail. Plus de la moitié (59%) des français se disent gênés par le bruit au travail : conversation téléphonique, entre collègues, bruits provenant des machines… 

Bien qu’il nous gêne, nous n’avons pas forcément conscience de l’impact négatif du bruit sur notre santé. Au travail, nous sommes plus sensibilisés sur notre impact environnemental lié au nombre de feuilles que l’on  imprime plutôt que le volume sonore de notre open space ou de notre chantier ! Et pourtant, lorsque l’on pose la question, nous arrivons à identifier les répercussions du bruit sur notre santé. Et elles sont très négatives ! Toujours selon l’étude, elles provoquent de la fatigue (54%), du stress (46%),  des gênes auditives (34%), trouble du sommeil (32%) et même des surdités (19%).

Prévention santé auditive

Si vous êtes arrivés jusqu’ici, vous avez désormais compris que le bruit a un impact négatif sur votre santé. Le bruit devient dangereux pour votre santé, à la fois physiologiquement et psychologiquement, lorsqu’il dépasse 85 dBs mais également et surtout lorsqu’il est continue tout au long d’une journée.

Et que fait-on aujourd’hui pour se protéger d’un environnement sonore “dangereux” ? Et bien pas grand chose si l’on en croit certaines données de l’étude Bruitparif… :

  • seulement, 1/3 des Français (36%) portent des protections auditives lors d’activité de loisirs exposées au bruit tel que bricolage, chasse, discothèque…
  • 1 français sur deux n’a jamais réalisé de bilan auditif chez l’ORL (alors qu’il est quasiment systématique pour l’ophtalmo)

Également, très peu de personnes ont conscience que pour se sentir bien, il suffit de faire attention à son environnement sonore. Si l’on vous pose la question : comment améliorer votre santé ? Vous êtes seulement 6% à répondre par la limitation du volume et de la durée des expositions sonores. Bien loin derrière : avoir une alimentation équilibrée (35%), respecter son temps de sommeil (32%) et faire du sport (19%).

C’est très triste mais il faut l’admettre : nous ne sommes pas sensibilisés sur notre santé auditive, ni sur notre environnement sonore. Comme nous avons auparavant manqué de connaissance sur la qualité des aliments que nous mangeons, nous manquons aujourd’hui de connaissance sur la qualité de notre environnement sonore.

Tout n’est pas perdu cependant ! Il existe pleins de petits gestes au quotidien, qui peuvent nous permettre de garder une bonne santé auditive. Comme j’ai de la “chance”, d’y être sensibilisée, je vous livre dans un autre article mes tips pour protéger sa santé auditive !

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